Franciser son nom ou son prénom lors de la naturalisation
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Devenir français est l'occasion, si vous le souhaitez, de franciser votre nom et/ou votre prénom, d'obtenir l'attribution d'un prénom français, ou — si vous n'avez aucun prénom — de vous en faire attribuer un. C'est une démarche volontaire, prévue par la loi du 25 octobre 1972, qui peut être demandée en même temps que la naturalisation ou dans le délai d'un an suivant son obtention. Elle est engageante : une fois accordée, elle modifie durablement votre état civil. Cette page explique qui peut demander quoi, quand, comment, et à quoi réfléchir avant de se lancer.
La base légale : la loi du 25 octobre 1972
La francisation repose sur la loi n° 72-964 du 25 octobre 1972 relative à la francisation des noms et prénoms des personnes qui acquièrent, recouvrent ou se font reconnaître la nationalité française. Elle permet à une personne qui acquiert ou réintègre la nationalité française de demander une modification de son nom ou de son prénom lorsque leur apparence, leur consonance ou leur caractère étranger peut gêner son intégration dans la communauté française.
Cette démarche est distincte de l'établissement de votre état civil français : celui-ci reconstitue fidèlement votre identité d'origine, tandis que la francisation la transforme volontairement. Elle concerne aussi bien la naturalisation par décret que la déclaration après mariage ou la réintégration.
Ce que vous pouvez demander
La loi de 1972 ouvre plusieurs possibilités, que l'on peut combiner :
- Franciser le nom de famille : soit en le traduisant en français (par exemple Dos Santos → Dessaint), soit en le modifiant pour lui faire perdre son caractère étranger (par exemple Fayad → Fayard), soit en reprenant le nom d'un ascendant français.
- Franciser le ou les prénoms : remplacer un prénom étranger par un prénom français, ajouter un prénom français à côté du vôtre, supprimer un prénom à consonance étrangère, ou modifier l'ordre des prénoms.
- Se faire attribuer un prénom français alors que vous n'en portez pas de français.
- Attribution d'un prénom pour une personne sans prénom : si votre état civil ne comporte aucun prénom, vous pouvez en obtenir un. Cette attribution est obligatoire lorsque vous demandez aussi la francisation de votre nom.
Vous ne pouvez pas choisir un nom sans lien avec votre filiation : la francisation adapte votre nom, elle ne vous permet pas d'en inventer un librement.
Le moment de la demande : pendant la naturalisation ou dans l'année qui suit
Vous avez deux fenêtres pour demander la francisation :
- En même temps que votre dossier de naturalisation, de réintégration ou votre déclaration de nationalité. C'est le moment le plus simple : la demande est instruite avec votre dossier et figure, le cas échéant, dans le décret ou l'enregistrement.
- Dans le délai d'un an (douze mois) suivant l'acquisition ou la réintégration de la nationalité. Passé ce délai, la francisation par cette voie n'est plus possible ; il faudrait alors passer par la procédure, plus lourde, du changement de nom ou de prénom de droit commun.
Si vous hésitez au moment du dépôt, rien ne vous oblige à décider tout de suite : vous conservez un an après être devenu français pour vous positionner. La démarche est indépendante de la cérémonie d'accueil dans la citoyenneté et de tout ce qui se passe après la naturalisation.
Comment faire la demande
La demande se fait à l'aide du formulaire cerfa n° 65-0054 (demande de francisation ou d'attribution de prénom), disponible en ligne, ou directement dans votre parcours dématérialisé lorsque vous déposez votre dossier sur l'ANEF. Selon votre situation, elle est traitée par la plateforme de naturalisation compétente.
Précisez clairement ce que vous demandez (nom, prénom, ou les deux ; forme francisée souhaitée) et, si vous demandez aussi la francisation pour vos enfants mineurs, joignez leur accord écrit s'ils ont treize ans ou plus. La francisation de vos enfants n'est possible que s'ils deviennent français en même temps que vous.
Combien ça coûte ?
Lorsqu'elle est jointe à votre demande de naturalisation ou de réintégration, la francisation est en principe gratuite : elle est instruite avec votre dossier et ne fait pas l'objet d'un droit spécifique. Attention à ne pas confondre avec le coût de la naturalisation elle-même, notamment le timbre fiscal du dossier.
En revanche, si vous laissez passer le délai d'un an et devez recourir au changement de nom ou de prénom de droit commun, la procédure est différente et peut engendrer des frais (par exemple la publication d'annonces légales pour un changement de nom). D'où l'intérêt de trancher au bon moment.
Une décision engageante : bien réfléchir avant de se lancer
La francisation n'est pas un simple confort administratif : une fois accordée, elle modifie votre état civil français et devient le nom ou le prénom sous lequel vous serez désormais connu, y compris sur votre premier passeport et votre carte d'identité. Revenir en arrière suppose ensuite une procédure distincte, sans garantie.
Quelques points à peser :
- Cohérence avec vos autres documents : diplômes, titres à l'étranger, actes d'un pays d'origine resteront à votre nom initial, ce qui peut créer des divergences à expliquer.
- Double nationalité : franciser en France ne change pas votre état civil dans votre pays d'origine, qui continue de vous connaître sous votre nom initial.
- Transmission : un nom francisé se transmet à vos enfants ; réfléchissez à la portée familiale.
La francisation est un choix personnel et libre : la refuser n'a aucune incidence sur votre naturalisation, et devenir français avec un nom à consonance étrangère est parfaitement normal.
Questions fréquentes
Suis-je obligé de franciser mon nom ou mon prénom pour être naturalisé ?
Non, absolument pas. La francisation est une démarche entièrement volontaire et facultative. Devenir français en conservant votre nom et vos prénoms d'origine, quelle qu'en soit la consonance, est parfaitement normal et n'a aucune incidence sur votre naturalisation.
Jusqu'à quand puis-je demander la francisation ?
Soit en même temps que votre dossier de naturalisation, de réintégration ou votre déclaration, soit dans le délai d'un an (douze mois) suivant l'acquisition de la nationalité française. Passé ce délai, seule la procédure plus lourde de changement de nom ou de prénom de droit commun reste possible.
La francisation jointe à la naturalisation est-elle payante ?
Non, elle est en principe gratuite lorsqu'elle est demandée en même temps que votre dossier de naturalisation ou de réintégration : elle est instruite avec ce dossier, sans droit spécifique. C'est un argument de plus pour la demander au bon moment plutôt que par une procédure ultérieure.
Puis-je choisir n'importe quel nom français ?
Non. La francisation traduit votre nom en français ou le modifie pour lui faire perdre son caractère étranger, ou reprend le nom d'un ascendant français. Vous ne pouvez pas choisir un nom sans lien avec votre filiation : ce n'est pas un changement de nom libre.
Mes enfants peuvent-ils aussi être francisés ?
Oui, vous pouvez demander la francisation du prénom de vos enfants mineurs, ou l'attribution d'un prénom français, s'ils deviennent français en même temps que vous. À partir de treize ans, leur accord écrit est obligatoire.
Sources officielles de cette page
- Service-Public — La francisation du nom et du prénom lors de l'acquisition de la nationalité
- Légifrance — Loi n° 72-964 du 25 octobre 1972 relative à la francisation des noms et prénoms
- Ministère de l'Intérieur — Cerfa n° 65-0054 : demande de francisation (acquisition de la nationalité)
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